Le nucléaire, éternel débat

Par: José Fréson

Article évocant la catastrophe naturelle et nucléaire au Japon

Le 11 mars 2011 restera une date indélébile dans la mémoire collective. Car si le Japon est un pays habitué à subir les caprices de la terre, cette fois l’ampleur du séisme a engendré des dégâts difficilement imaginables. En effet, une magnitude de 9 sur l’échelle de Richter est extrêmement rare, bien que ce degré ait déjà été approché, voire dépassé en d’autres temps et d’autres lieux. Voyez à ce sujet le tableau ci-dessous.

Mexico 2001 8,1

Sumatra 2004 9,3

Sumatra 2005 8,7

Chili 2010 8,8

Japon 2011 9

Parmi les dégâts occasionnés, ceux concernant les centrales nucléaires ont, de loin, marqué les esprits quant aux conséquences locales et nationales, bien sûr, mais aussi à l’échelle planétaire. Surtout qu’à ce jour, bien malin celui qui peut dire comment cette situation ô combien inquiétante va évoluer. Selon les diverses sources d’informations, on passe en quelques heures de propos rassurants à une vive inquiétude. Signe s’il en est que la situation est très loin d’être maîtrisée. Le note positive se trouve dans la communication. En effet, même si les communiqués ne vont pas toujours dans le sens que l’on souhaiterait, on remarque la volonté de ne rien cacher à la population et par corollaire au monde entier. Cela marque une différence fondamentale avec Tchernobyl ou les mensonges avaient cotoyé le manque d’informations voire même une dissimulation de la réalité de la situation.. Bien sûr, le Japon n’est pas l’ex Union Soviétique ou le culte du silence faisait partie de la culture politique. Les nations occidentales avaient aussi, à l’époque, dissimulé la réelle ampleur de la catastrophe et minimisé la gravité de la contamination.

Ce qui peut interpeller au Japon est sa relation avec le nucléaire. N’oublions pas que ce pays fut le premier à subir le feu atomique en 1945 par le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki. Néanmoins en 2011, le Japon tire le tiers de sa consommation éléctrique de ses 17 centrales et de ses 55 réacteurs nucléaires. Le tremblement de terre suivi du tsunami a aussi réactualisé le débat concernant a construction des centrales nucléaires en bord de mer et donc potentiellement exposées aux conséquences d’un séisme suivi d’un raz de marée. A n’en pas douter, les semaines et les mois prochains seront fertiles en discussions et en prises de position diverses selon que l’on se place du coté de la population ou du coté des industriels et des financiers qui malgré la gravité du moment affirment que les techniques utilisées lors de la construction des centrales et la rigueur absolue qui était en vigueur ont empêché un désastre plus terrible encore Néanmoins, l’avis du citoyen japonais devrait, cette fois peser d’un poids différent eu égard au caractère hautement exceptionnel de la situation. En outre, la fragilité actuelle du gouvernement japonais pourrait redistribuer les cartes dans ce qui s’annonce comme un débat fondamental pour l’avenir du pays.

Cette tragédie aura également des conséquences dans les pays occidentaux ou la peur voire peut être la phobie du nucléaire a été ravivée. Bien que cette énergie puisse être considérée comme propre en termes de rejets par rapport à d’autres telles que le pétrole et le charbon on ne peut s’empêcher de frissonner à l’idée d’un holocauste nucléaire. Pourtant cette énergie est on ne peut plus présente et utilisée au quotidien. Le quel d’entre nous pense en allumant la lumière que celle ci est produite par un réacteur nucléaire. Très peu sans doute pour ne pas dire aucun. Ce n’est que lorsqu’une catastrophe comme celle vécue au Japon se produit que le débat refait surface. Aidé en cela par les médias qui, tous azimuts, dressent la liste des dangers potentiels de l’atome avec au passage une énumération de l’un ou l’autre incident, qualifié de mineur, dans telle ou telle centrale. De quoi, bien évidemment entretenir une peur latente dans la population. Peut -on dès lors considérer que cette angoisse est ponctuelle, liée uniquement aux faits de l’actualité et que dans quelques semaines, l’intensité de la situation retombera et ne fera plus l’objet d’autant d’attention ?

Espérons que le débat ne sera pas enterré dès que la pression médiatique se tournera vers d’autres évènements et que ces circonstances tragiques donneront lieu à une véritable prise de conscience qui pour une fois prendra en considération l’intérêt et la santé du citoyen avant les avantages industriels et financiers.

Fréson José
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Fréson José Ardennes Belges.
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Source : Contenu Gratuit / Environnement





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