Rémission comme libre choix

Par: Bernard Kriger

Nous nous permettons d’acquérir la liberté de choix, parce que nous ne sommes plus hermétiques sur un cycle de haine et de destruction : nous pouvons poursuivre notre route de manière plus raisonnable et nous affranchir de lignes de conduite moralement appropriées, chose que chacun de nous devraient toujours chercher à faire.

Que nous l’aimions ou pas, notre vie est remplie de conflits évidents et cachés qui sont habituellement provoqués par des désaccords entre de vrais intérêts et des raisons imaginaires. La vie elle-même commence par un conflit : le premier cri d’un bébé, quand son visage présente une grimace de la souffrance et de la protestation contre la force qui le pousse dehors ; c’est une excellente illustration de ce premier conflit de nos vies. Toutes les étapes de nos vies : notre jeunesse, nos années d’adulte, et même nos années de vieillesse, nous les dépensons en conflits. Nos luttes sont éternelles et demeurent nos compagnes les plus proches dans toute notre existence ; ainsi n’importe quel individu mûr est un combattant expérimenté, alors que ses adversaires principaux sont ses collègues et ceux qu’il aime pour la plupart.
Le cycle de la lute inclut un échange constant de nombreux coups jusqu’à ce que le destin sépare les adversaires, puis que ces derniers trouvent de nombreux autres combattants. Parfois, les gens réussissent à se détruire de façon plus efficace ; par exemple, ils peuvent s’entretuer. Mais ici nous ne nous intéresserons pas à de tels cas extrêmes. Le principal sujet qui nous interpelle concerne les conflits mineurs qui gouvernent notre vie entière.
Les gens ne se disputent pas uniquement avec d’autres gens, mais aussi avec des objets inanimés ; par exemple, quand nous recevons un coup avec une chaise ou une table, nous pouvons réagir de manière assez similaire, voire plus virulente, en maudissant et menaçant et même en rendant coup pour coup. À une étape plus avancée de notre obsession, nous parlons aux objets inanimés ; nous pouvons les supplier, voire les maudire. La plupart du temps, cela se produit quand nous communiquons avec notre ordinateur. Il n’est pas rare d’entendre : Allez ! Me faire ça, à moi ! Nous nous adressons vraiment à lui de cette manière, surtout quand il est planté !
Une fois, alors que je rageais contre mon ordinateur, j’ai même craché sur l’écran, c’est pourquoi je garde toujours une boîte de kleenex à portée de main. Parfois nous devisons avec notre ordinateur et la majeure partie du temps, ils gagnent. Cela est dû au fait qu’ils n’ont pas d’émotion, et avoir des émotions n’est pas un gage de victoire. Pourtant, habituellement, être passionné peut aider, car la passion n’est pas vide d’émotion. La passion est la pure énergie de notre âme.
Souvent nous avons des conflits avec des objets animés, comme des animaux de compagnie et même des moustiques. Les moustiques sont les seuls animaux que nous sommes prêts à tuer quotidiennement. Évidemment, nous mangeons du bœuf et des poulets abattus chaque jour, mais nous sommes indirectement liés à ce massacre quotidien. Dans le cas des moustiques, nous sommes des assassins actifs, mais il s’agit de légitime défense et de sauvegarde de notre patrimoine sanguin.
Regardez tous les conflits que nous avons avec Dieu, la destinée, ou tout autre élément comme la puissance que nous appelons « force supérieur qui régit nos vies ». Nous combattons les lois de la nature, et plus particulièrement la force de gravité ; quand quelque chose tombe par terre, nous jurons : « Saloperie de pesanteur ! » et ce n’est pas une blague. En parlant ainsi, nous sommes en conflit ouvert avec l’univers, sans lequel rien ne peut exister. Nous combattons la pesanteur en nous demandant pourquoi nous ne pouvons pas voler comme des oiseaux ; et ne l’avons pas fait en rêvant ? Avec l’avènement du vol humain, nous avons conquis les lois de la physique pour assouvir nos rêves.
Nous combattons également la température. Nous sommes des éléments pondérés, c’est pourquoi nous ne supportons pas les extrémités de température propagées inconsidérément sur une échelle ouverte. Mais surtout, nous détestons la mort et nous la combattons à vie jusqu’à en devenir fou. Dans le long et ennuyeux processus de l’évolution – depuis la plus petite et primitive cellule organique jusqu’à la forme la plus élaborée et esthétiquement parfaite comme Claudia Schiffer – la nature nous a enseigné par un long apprentissage mémoriel du subconscient que la mort était néfaste et que nous devions combattre cet ennemi juré coûte que coûte toute notre vie pour l’empêcher de nuire.
Le processus du combat consomme une part importante de notre énergie que nous perdons par une série d’offensives et de défenses, agressions et retraits, des “brides et des flèches” de l’outrageuse fortune que William Shakespeare a si élégamment élucidé pour nous. Ce combat était vital dès le début de notre évolution humaine, car refuser de combattre signifie une mort inéluctable. Il a d’ailleurs souvent été prouvé que dans notre société moderne, le refus de combattre, même si cela n’était pas nécessaire, constituait une menace de mort. Heureusement, notre culture occidentale ne tue pas les perdants, ce qui est une bonne chose, car beaucoup de prétendus « perdants » qui ont refusé de combattre pour des valeur illusoires de notre société moderne – comme la carrière, la richesse et la puissance – ont l’opportunité d’utiliser leur énergie pour une paisible observation de notre monde, notre univers, et notre espace vital. Ces « perdants » sont des philosophes. Je ne veux pas dire que les combattants utilisent les voies de l’université pour obtenir un degré élevé en philosophie ; Je veux simplement parler de gens qui ont choisi comme style de vie une profonde observation et une manière de dépenser leur temps et leur attention.
C’est la vraie liberté de choix : refuser de prendre part à un conflit et juste pardonner le contrevenant, qui que ce soit ou quoi que ce soit : une table par laquelle vous avez été frappé, votre voisin qui vous a volé quelque chose, ou votre ami qui vous a trahi pour la millième fois. La rémission de l’ennemi est la meilleure manière d’économiser votre énergie pour une meilleure cause. Le combat et la haine qui sont toujours impliqués dans n’importe quelle lutte sont très destructifs pour les deux parties concernées. Ils ont blessé votre esprit et notre esprit ; ils nous distraient des questions vraiment dignes que devrait explorer la pensée. D’ailleurs, une vie entière de conflits pourrait être considérée comme irrationnelle, car dans le monde moderne, vous ne pouvez pas vraiment régner en détruisant votre adversaire ; vous ne pouvez pas tuer votre voisin sans souffrir de sévères conséquences, ni tuer votre ami qui à le mérite de le trahir pour vous à maintes reprises. Par conséquent, quelle que soit la manière forte que vous utilisez au combat, vous serez toujours insatisfait du résultat, même en cas de victoire ultime, car la société moderne n’autorise pas qu’un conflit dégénère naturellement jusqu’au point de résolution – ce qui représente la mort ou la destruction de l’ennemi. Dans le monde d’aujourd’hui il n’y a aucune manière de détruire un ennemi sans s’autodétruire. La mort dont je parle n’est pas seulement physique, elle est même plutôt spirituelle et morale.
Afin de s’accréditer de notre vraie liberté de choix, nous sommes obligés de considérer la rémission de nos ennemis et adversaire, parce que celui qui pardonne toujours quelqu’un a toujours le choix de pardonner ou non. Celui qui est pardonné, mais continue de combattre, est juste l’objet d’une agressivité malsaine et il perd sa liberté de choix, car il sera toujours la base régénératrice d’un conflit. Comme Sun Tzu disait :
“Il n’y a pas plus grand malheur que de sous-estimer votre ennemi, ce qui revient à penser qu’il est mauvais. Ainsi vous détruisez vos trois trésors et devenez un ennemi de vous-même. Quand deux grandes forces s’opposent, la victoire ira à celui qui sait rapporter.”
Dans la contemplation et l’introspection, nous nous permettons d’acquérir la liberté de choix, parce que nous ne sommes plus hermétiques sur un cycle de haine et de destruction. Par ces positions philosophiques éclairées, nous pouvons poursuivre notre route de manière plus raisonnable et nous affranchir de lignes de conduite moralement appropriées, chose que chacun de nous devraient toujours chercher à faire.

Bernard (Bruce) Kriger est un auteur scientifique prolifique dont le travail a été édité dans un certain nombre de langues. Il est membre de plusieurs associations comprenant : l'Association des Auteurs Canadiens de la Science, l'Association Philosophique Canadienne, l'Académie Internationale de la Science, Société du Monde la Future, la Société Nationale de l'Espace et la Société Astronomique Royale du Canada et Société Planétaire. En 1996 il a fondé sa propre organisation appelée le Groupe de Recherche de Kriger www.kriger.com . Bernard Kriger a dynamisé le groupe en rassemblant d'autres organismes de recherches et en formant des établissements pour différents projets scientifiques comprenant, entre autres, la recherche et le développement cliniques de les médicaments. Une critique à formuler, vous pouvez contacter l'auteur directement : bruce@kriger.ca (le site: www.krigerland.com )

Source : Contenu Gratuit / Inspiration





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