Enseignement et Liberté
Par:
Marie Favre
L'enseignant n’a-t-il pas pour règle première d’être à l’écoute des élèves : Sait il faire le vide en lui pour les entendre ?
L’enseignement est lié à la liberté : Le maître, le pédagogue vont conduire l’enfant sur le chemin de la liberté .
Mais qu’est ce que la liberté ? Ne pas avoir d’entraves : Un homme libre n’a pas de chaînes aux pieds, n’est pas réduit en esclavage ; C’est aussi celui qui peut choisir sans la pression d’autrui, à condition qu’il sache que choisir c’est actualiser une seule potentialité et c’est surtout renoncer à toutes les autres potentialités non actualisées !!
Mais la liberté est aussi essentiellement dans la façon qu’on a d’observer les choses qui nous entourent :
« Un sage est sans idée»dit le sinologue philosophe François Julien en parlant de la sagesse chinoise : Cela veut dire qu’il est DISPONIBLE à toutes, qu’il aborde le monde sans à priori ni idées préconçues, la sagesse demande un « sans choix », une attitude vigilante de l’instant, et c’est aussi ce que démontre krishnamurti .c’est ce que nous, pédagogues? coachs, devons transmettre aux jeunes, cette capacité au « vide » qui permet de mieux appréhender l’existence, sans grille de lecture préétablie, source de conflit et de haine, rendant impossible toute communication.
C’est la vraie « connaissance », une « naissance nouvelle »
Si on veut faire rattraper le retard aux élèves, ce n’est qu’en leur donnant les moyens d’accéder de plein pied dans le XXI siècle . Non pasleur dispenser un enseignement du XIX .
. Or il y a déjà suffisamment, dans n’importe quelle société, et particulièrement une société de type patriarcal, des conditionnements de toutes sortes dont on méconnaît la profondeur de champ. C’est ce qu’il faut faire appréhender à l’élève. Un pays a ses valeurs, «ses» vérités, et tant mieux car ainsi l’individu peut se construire en ayant des racines, mais cet individu se doit de savoir que ce sont des valeurs parmi d’autres, qu’il a le droit de ne pas y adhérer automatiquement et qu’ elles ne sont en rien absolues, universelles et hégémoniques, qu’elles ne peuvent être un prisme par lequel il va penser ou se comporter à vie et juger de celles des autres; Il se doit donc non pas tant de connaître les autres , mais de savoir au moins que les siennes sont relatives, et que d’autres personnes ont tout à fait le droit de penser différemment. • De l’intention à l’attention
L’éducation consiste à découvrir, en soi-même, le sens de la liberté. Même si autrui peut nous y aider, il s’agit d’une démarche personnelle, d’une expérience d’auto-formation. Il faut donc passer de l’intention (qui reste manipulation) à l’attention: apprendre à voir sans préjugés, sans parti pris, sans travestissement culturel, imaginaire, sociétal, apprendre à voir, tout simplement! Bien sûr la société décide, et c’est normal, de ce qu’elle juge indispensable de transmettre d’une génération à l’autre qui constitue le patrimoine, mais à transmettre ou à construire ensemble. Chercher à former selon un programme, c’est «programmer» des gens, les aliéner, en faire des «choses», croire qu’il y a «une» vérité: si bien que je récuse les propositions de méthode active, de «participation» des élèves si elles ne sont que des alibis, des moyens et non une finalité pédagogique.
Quel enseignement veut-on?
Marie Favre
Source : Contenu Gratuit / Coaching